LES MUTUELLES SONT EN TRAIN DE LIQUIDER LA SECURITE SOCIALE
Les contre-réformes des retraites depuis Ph. Séguin et E. Balladur ont conduit à une baisse des pensions de l’ordre de 25 %, remis en cause les 60 ans.
La réforme annoncée par le Premier ministre maintient la réforme Sarkozy - Fillon que la gauche avait combattue en 2010. Elle l’aggrave même notamment avec l’allongement à 43 ans de la durée de cotisation requise pour avoir une retraite à taux plein - ce qui risque fort de n’être qu’exceptionnel et vers 65, 67, 68 ans…-. Pour la majorité ce sera une baisse drastique des pensions. Les quelques mesures positives risquent de ne pas couvrir la dégradation.
Pour les retraités stigmatisés comme « nantis » c’est la double peine. Non seulement l’ARRCO et l’AGIRC ne sont même pas revalorisés de l’inflation pendant au moins 3 ans, mais la revalorisation 2014 de la CNAV n’interviendra qu’en octobre !
L’affichage « préserver la répartition » masque la volonté de développer la capitalisation. La Banque mondiale a donné le mode d’emploi : le faire sans le dire : «Quelques réformes bien choisies du système par répartition, comme le recul de l'âge de la retraite, suffisent…à libérer l'espace nécessaire à l'instauration d'un pilier de bonne taille financé par capitalisation ».
L’Union européenne dans le cadre des textes austéritaires approuvés par tous les gouvernements demande explicitement la capitalisation : « Développer l’épargne-retraite complémentaire privée».
Pour Résistance Sociale le financement de l’ensemble de la Sécurité sociale, dont la retraite à 60 ans, doit s’opérer notamment par l’augmentation des salaires et un changement de cap politique qui permette de créer de vrais emplois.
Une réforme peut en cacher une autre : J.-M. Ayrault a renoncé à l’augmentation de la CSG pour financer les retraites. Nous nous en félicitons.
Mais les déclarations ministérielles sont inquiétantes: au nom de la « compétitivité » dès 2014 une partie des cotisations dites « patronales » (le salaire socialisé) de la branche famille puis de la branche assurance maladie de la Sécurité sociale seraient transférées sur les ménages. Le MEDEF ose réclamer encore 50 à 80 Md €.
Finalement seuls les salariés verraient leur cotisation augmenter sans compensation. On a l’impression de voir revenir la CSG, la TVA « sociale », les taxes « écologiques », les assurances privées, de N. Sarkozy.
Le Haut conseil du financement de la protection sociale annonce : « La définition de schémas de financement pérennes pour chacun des grands risques de la protection sociale prise dans son ensemble ».
La protection sociale, à la différence de la Sécurité sociale, inclut les assurances complémentaires privées, la capitalisation.
Vigilance ! La Sécurité sociale de 1945 est menacée dans ses fondements.
Résistance Sociale appelle a participer massivement aux manifestations du 10 septembre à l’appel
de CGT – FO – FSU – Solidaires.